Duerme Negrito - Chanson en espagnol

Publié le par La vache rose

Le voyage d'une chanson

Duerme Negrito - Chanson en espagnol

La version de Atahualpa Yupanqui de 1969

Souvenirs, Souvenirs

 

Je n'ai jamais oublié cette berceuse en espagnol apprise à l'école et dont il m'arrive encore souvent de fredonner le refrain.

Surprise de découvrir qu'elle était interprétée par l'auteur argentin Atahualpa Yupanqui duquel j'avais déjà, par hasard, traduit une chanson (Les essieux de ma route - lien à la fin de l'article), je me suis aperçue qu'elle n'y était pas traduite et j'ai décidé de m'y atteler, m'offrant ainsi un interlude musical au milieu de toutes les citations dans les différentes langues.

Les paroles

Duerme, duerme negrito,
Que tu mamá está en el campo,
Negrito.
Duerme, duerme negrito,
Que tu mamá está en el campo,
Negrito.

Te va a traer codornices para ti,
Te va a traer rica fruta para ti,
Te va a traer carne de cerdo para ti,
Te va a traer muchas cosas para ti.

Y si el negro no se duerme,
Viene el diablo blanco
Y ¡zas! le come la patita,
Yakapumba yakapumba,
Apumba yakapumba,
Yakapumba yakapumba.

Duerme, duerme negrito,
Que tu mamá está en el campo,
Negrito.

Trabajando,
Trabajando duramente,
Trabajando, sí,
Trabajando y no le pagan,
Trabajando, sí,
Trabajando y va tosiendo,
Trabajando, sí,
Trabajando y va de luto,
Trabajando, sí,
Pal negrito chiquitito,
Trabajando, sí,
Pal negrito chiquitito,
Trabajando, sí,
No le pagan, sí,
Duramente, sí,
Va tosiendo, sí,
Va de luto, sí.

Duerme, duerme negrito,
Que tu mamá está en el campo,
Negrito.
Duerme, duerme negrito,
Que tu mamá está en el campo,
Negrito.

Paroles traduites

Dors, dors, petit noir,
Ta maman est aux champs,
Petit noir.
Dors, dors, petit noir,
Ta maman est aux champs,
Petit noir.

Elle va t'apporter des cailles... pour toi,
Elle va t'apporter des fruits savoureux... pour toi,
Elle va t'apporter de la viande de porc... pour toi,
Elle va t'apporter beaucoup de choses... pour toi,

Et si le noir ne s'endort pas,
Le diable blanc vient
Et zas ! il lui mange sa petite jambe,
Yakapumba yakapumba,
Apumba yakapumba,
Yakapumba yakapumba.

Dors, dors, petit noir,
Ta maman est aux champs,
Petit noir.

Travaillant,
Travaillant durement,
Travaillant, oui,
Travaillant et on ne la paye pas,
Travaillant, oui,
Travaillant et elle tousse,
Travaillant, oui,
Travaillant et elle est en deuil,
Travaillant, oui,
Pour le tout petit noir
Travaillant, oui,
Pour le tout petit noir,
Travaillant, oui,
On ne la paie pas, oui,
Durement, oui,
Elle tousse, oui,
Elle est en deuil, oui.

Dors, dors, petit noir,
Ta maman est aux champs,
Petit noir.
Dors, dors, petit noir,
Ta maman est aux champs,
Petit noir.

Histoire d'une chanson

Plusieurs aspects de cette berceuse méritent d'être soulignés.

On essaie d'endormir un enfant noir dans une famille pauvre, lui promettant des mets qu'il n'aura pas, il est orphelin de père, sa mère malade se tue à la tâche et pour rien, puisqu'on ne la paiera pas...

L'histoire est... beaucoup plus noire que le pauvre enfant !!

Notons également un autre élément : pour un enfant noir... le diable est blanc... est-ce à dire que " le mal " est juste l'opposé, interpreté chacun à sa manière et selon son propre point de vue ou alors doit-on y voir une référence à " l'homme blanc " ? (explications ci-après).

À la joie de revoir sa mère, on ajoute d'ores et déjà de la tristesse lorsqu'il constatera qu'elle n'apporte pas avec elle toutes les délicieuses choses promises... ces mêmes choses qui ont certainement rendu l'attente plus douce... rendront par la même les retrouvailles un peu amères, à mon avis.

Encore une fois, je me surprends de tant de souffrance infligée ou offerte aux enfants, même déguisée... cela me rappelle l'article sur l'Orgue de Barbarie où enfant, je pensais naïvement (innocence de la jeunesse) qu'un instrument du même nom existait... puisqu'après tout existait le fruit : la Figue de Barbarie !

Bon, laissons un instant de côté la partie mélo-dramatique de cette berceuse qui n'est pas le but de cet article (à priori). 

Mais plutôt de voir, comment... selon ma propre investigation, cette chanson a voyagé et voyage toujours à travers le temps et l'espace... jusqu'à vous aujourd'hui même et ce, où que vous soyez... :-)

Tout ceci n'est que pure déduction, selon mes recherches. Voyez plutôt...

Voici ce qu'en dit l'auteur

Atahualpa Yupanqui

Ces accords appartiennent à une vieille chanson traditionnelle qu'il y a de cela de nombreuses années, j'ai découvert dans la zone des Caraïbes, à la frontière entre le Venezuela et la Colombie. Une femme de couleur la chantait. Je l'ai apprise, j'ai adoré et l'ai baladée de par le monde.

Beaucoup de gens me l'attribue. Honneur aurait été pour moi qu'elle fusse mienne, mais ce ne l'est pas. Elle est mienne dans la sensibilité de mon cœur aux choses réceptives. C'est un thème anonyme, pluriel, folklorique. C'est à eux : aux gens bronzés de cette zone, frontière Venezuela-Colombie.

Le sujet est la mère qui laisse son enfant parce qu'elle va travailler, et laisse son petit aux mains d'une femme, une voisine, sa sœur... de couleur, de destin, dans la vie... et donc, la voisine demande à l'enfant de dormir, et elle lui offre, lui promet que sa mère va lui apporter les choses que tout enfant noir aurait aimé goûter, manger, tester. Mais d'où ? Parfois ce n'est pas possible, la vie a d'autres paroles, une autre condition.

Elle lui offre des cailles, deux dollars la paire : pas possible. De la viande de porc, non plus : ce n'est pas possible. Enfin... comme toute berceuse, cette chanson foule la terre et est un peu métaphysique. Elle s'appelle Duerme Negrito.

Atahualpa Yapanqui - traduction La vache rose

Premières interprétations publiques en France en 1950

Lors d'une tournée de presque un an en Europe Centrale (Hongrie, Tccoslovaquie, Roumanie et Bulgarie), Atahualpa arrive en France le 31 mai 1950 (retour à Buenos Aires le 20 juillet), où il donnera 4 concerts, dont un avec Edith Piaf :

  • Samedi 24 juin 1950 : Comité National des Ecrivains - Paris,
  • Mercedi 28 juin 1950 : Salle Pleyel - Paris,
  • Jeudi 29 juin 1950 : Maison du Peuple - Lens,
  • Vendredi 7 juillet 1950 : Théâtre Athénée - Paris.
Duerme Negrito - Chanson en espagnol

En 9ème position apparaît Duerme Negrito, traduit très maladroitement par " Dors, petit sale " - chanson de la mère pauvre !

Duerme Negrito - Chanson en espagnol

Avec Edith Piaf

Après le premier récital du 24 juin, Elsa Triolet (épouse d'Aragon) écrit un très bon article sur lui dans le journal Les Lettres Françaises, à la suite duquel, Eluard l'invita chez lui où était également invitée Piaf qui en l'écoutant, lui aurait dit : " Tu ne peux pas repartir en Argentine avant que Paris  t'ait entendu ".
Duerme Negrito - Chanson en espagnol
Duerme Negrito - Chanson en espagnol

Premier enregistrement du titre

78 Tours enregistré en 1950

78 Tours enregistré en 1950

La version de Mercedes Sosa

Ce qu'elle en dit

Aussi, Yupanqui a rendu hommage aux enfants, même si ce n'est pas lui qui a composé la chanson.
C'est une chanson antillaise compilée par Atahualpa Yupanqui.
Nous sommes reconnaissants pour cette compilation, cette rencontre avec cette chanson...
Beaucoup d'enfants en Amérique Latine ont été bercés avec cette chanson.
Des enfants maintenant adolescents, il est des gens qui aiment cette chanson et certains continuent de bercer leurs propres enfants avec cette très belle chanson.
Elle s'intitule Duerme Negrito.

Les origines

Selon mes recherches, la chanson d'origine serait : Drumi, Mobila de Bola de Nieve (Boule de Neige).

Surnom du chanteur cubain Ignacio Jacinto Villa Fernández , chanteur à la voix d'un vendeur de Mangues, disait-on (1911-1971).

Il est vrai que beaucoup de paroles sont très ressemblantes.

Et il n'est pas impossible, et même fort probable que ce soit cette même chanson que fredonnait la femme de couleur mentionnée par Yupanqui, chacun l'aurait ajustée à sa manière.

Peut-être une femme cubaine, voire d'une autre ethnie, les noires sont peut-être " plus courantes " à Cuba, me semble-t-il (du fait de l'introduction de milliers d'esclaves originaires d'Afrique... apportés par les " blancs ")... mais allez savoir... d'une : comment Yupanqui l'a vu (de quelle couleur ?) et de deux, comment elle était réellement.

Peu importe.

Une femme donc, qui connaissait la chanson de Bola de Nieve, et qui aurait voyagé ou même peut-être l'aurait-elle connue in situ : l'auteur cubain ayant lui-même voyagé en Amérique Latine (sa carrière débute avec Rita Montaner au Mexique où il décédera quelques années plus tard, d'une crise cardiaque)... et jusqu'à la rencontre avec Yupanqui à la frontière entre le Venezuela et la Colombie.

Toujours est-il que dans mes souvenirs... la berceuse est interprétée par une femme, peut-être la version de la chanteuse argentine Mercedes Sosa, mais sans conviction (n'ayant aucun souvenir du mot " Mobila ").

Cette dernière a reprit la chanson en 1970 un an après l'enregistrement le plus connu de Yupanqui de 1969, et les deux ont contribué à la renommée de cette chanson en Amérique du Sud et... partout dans le monde.

La version de 

Bola de Nieve

Bola de Nieve... un grand personnage... sa vie ressemble à un film. Magnifique vidéo à la fin de l'article

Bola de Nieve... un grand personnage... sa vie ressemble à un film. Magnifique vidéo à la fin de l'article

Les paroles

 

Les paroles sont extraites d'un poème d'Ignacio Villa (Bola de Nieve), comme l'indiquent, entre autres, Jerome C. Branche dans son livre Colonialism and race in Luso-Hispanic literature ou Jorge Luis Morales dans son livre Poesía afroantillana y negrista : Puerto Rico, República Dominicana, Cuba.

S'il est difficile de dater avec précision le poème, la chanson a été interprétée pour la première fois par Bola de Nieve à la fin des années 1920 et début des années 30, l'année de sa majorité (était-ce à 18 ou 21 ans ?).

Son " essor " débute alors avec certitude, en 1930, lorsque le poème est inclu dans le recueil d'un autre poète cubain Nicolás Guillén (qui fera plus tard son ovation funèbre) : Motivos de Son (Motifs de son, mot employé pour décrire divers genres musicaux métissés afro-caribéens, comme la Rumba, la Conga ou ici le " Son cubain ").

Recueil cité en 1939 par Emilio Grenet (musicien cubain) dans son livre Música popular Cubana où il dresse un panorama des plus significatifs sur la création musicale cubaine procédant d'une très sérieuse étude de la musique sur l'île. 194 pages où sont listés presque tous les artistes cubains et incluses quelques 80 partitions qu'il considérait représentatives de la richesse, de la diversité et de l'excellence de la musique cubaine. 

Il faut préciser qu'il a lui-même mis en musique plusieurs poèmes et enregistré à New-York avec l'orquestre Eliseo Grenet (son frère, également musicien de renom).

La musique cubaine eut également une grande importance dans le développement du Jazz (introduit en Nouvelle Orléans par Louis Moreau Gottschalk) et entre les années 20 et 40, Hollywood servit de plateforme pour faire connaître la musique cubaine.

Duerme Negrito - Chanson en espagnol
Duerme Negrito - Chanson en espagnol

La biographie de Bola de Nieve

Edition originale puis réédition à l'occasion du centenaire
Edition originale puis réédition à l'occasion du centenaire

Edition originale puis réédition à l'occasion du centenaire

Biographie selon laquelle, Ignacio Villa (Bola de Nieve) aurait interprété la chanson en 1933 lors d'une réunion entre amis chez son ami poète Gustavo Sánchez Galarraga où étaient également présents d'autres artistes chez qui la chanson a éveillé l'admiration. Présent, entre autres, le compositeur Jorge Ánckermann qui aurait demandé de pouvoir l'inclure dans une saynète intitulée La gloria del solar devant se produire prochainement au Théâtre Alhambra et où elle sera interpétée pour la première fois publiquement par Blanquita Becerra.

En 1935, Emilio Ballagas inclu et valorise le texte de la pièce dans son Antología de la poesía negra hispanoamericana (Antologie de la poésie noire hispanoaméricaine) puis en 1946 le texte de Drumi Mobila dans Mapa de la poesía negra americana (Carte de la poésie noire américaine).

15 ans plus tard, la chanson faisait partie des titres sélectionnés pour célébrer au Théâtre Auditorium El día de la canción cubana (le Jour de la chanson cubaine), ainsi qu'elle fut choisie également pour célébrer le jour de commémoration du centenaire de la naissance de l'auteur Ignacio Villa, le 11 septembre 2011 (il était né le 11 septembre 1911 à Guanabacoa - ville musicale, d'une mère , Inés Fernández, danseuse et très fêtarde et d'un père, Domingo Villa - cuisinier d'une pension).

Le texte ci-dessous, représente les paroles complétées et à peine modifiées (par moi-même) pour être totalement conformes à celles de la chanson interprétée par Bola de Nieve.

À noter également :

Les propos cubains utilisés varient considérablement de l'espagnol courament utilisé, exemple : drumi pour dors, alors qu'en CastIllan (dit espagnol international) on dit duerme.

Par ailleurs, il n'est nullement question d'un enfant noir, ni de diable blanc dans le poème (où il parle de Calunga), ni dans la chanson de Bola de Nieve

Il explique que la mère est au champ (sans jamais parler de travail) pour chercher " lo dulce " que l'on peut traduire par douceur ou sucrecrie, pour qu'il ait de quoi manger le lendemain. Il parle également de petits oiseaux (pajaritos) et de cailles (coronices au lieu de codornices), et de petit cadeau (regalito).

Selon mes recherches :

Le mot Mobila, serait une variante du mot Mi vida (ma vie).

Et le mot Calunga, en Angola (Afrique) signifie mer, océan et Calunga-ngombe est le roi du monde inférieur, personnification de la mort et responsable du jugement après la mort avec la punition ou récompense qui s'ensuit.

Par ailleurs, il convient de citer une autre chanson de Bola de Nieve qui s'intitule " Drume Negrita ", berceuse où une petite enfant noire a les pieds qui " sortent du berceau " et où la mère promet d'en acheter un nouveau.

No yora Mobila,
Que tu mamá ta la campo,
Y horita ta beni pa cá.

Si nene drumi
Cuando mamá sale,
E trae regalito pa tí,
E trae to lo nunie pa tí,

Y si nene no drumi,
Chimbilicó
Cheche Calunga
Lo ranca la patica
Y lo come.

Si nene drumi
Cuando mamá sale,
E trae regalito pa tí,
E trae to lo nunie pa tí,

Y si nene no drumi,
Chimbilicó
Cheche Calunga
Lo ranca la patica
Y lo come.

Drumi, drumi Mobila,
Tu mamá fue la campo Mobila,
Drumi, drumi Mobila,
Tu mamá ta la campo Mobila

E ba trae pajarito pa ti
E ba trae coronices pa ti
Drumi, drumi Mobila,
Tu mamá fue la campo Mobila

Caya y caya Mobila,
Tu mamá fue la campo Mobila.
E fue buscar lo dulce Mobila
Pa que tu mañana come Mobila.

Drumi, drumi Mobila,
Tu mamá fue la campo Mobila
Caya y caya Mobila,
Drumi Mobila

Drumi Mobila

Drumi, Mobila - Ignacio Villa

Mais aussi

 

Il faut également préciser que " faire dormir un enfant noir " est un thème récurant à cette époque puisque, rappelons-le, malgré l'abolition de l'esclavage à Cuba en 1886, le pays est toujours sous " l'ingérence marquée " (domination jusqu'en 1934) des Etats Unis venus " aider " le pays à obtenir son indépendance vis-à-vis de l'Espagne.

Cuba en crise, sous la coupe des Etats Unis où l'esclavage a fait place à la ségrégation raciale jusqu'à l'abolition des Lois Jim Crow... en 1964 ! On comprend alors pourquoi, la mère noire se tuant à la tâche, ne sera pas payée... Mais c'est un autre débat.

Sur ledit thème, je citerai deux autres exemples :

​Bizarrement, les deux précédents auteurs, sont également... blancs de peau.

Les paroles du premier parlent de " Tête de coco et grain de café " dit clairement " Tu n'es plus un esclave " et précise que le " Seigneur de la maison " promet de lui acheter " un costume avec des boutons... pour être groom " !!

Quant au deuxième auteur, il nous parle aussi de " coco ", dit à l'enfant que s'il ne se tait pas et nettoie sa morve (arrête de pleurer) aura la peur de sa vie et sera pris par le fou... lui disant qu'une fois grand il sera boxeur, mais qu'en attendant, il faut tuer les puces et faire peur aux mouches.

Les perspectives d'avenir inculquées dès le plus jeune âge par de telles berceuses me laissent perplexe...

Même si, elles n'ont rien à envier, encore une fois, à certaines autres plus proches de nous, telles que l'Orgue de Barbarie déjà citée ou encore Au Clair de la lune !

Conclusion

 

Encore une fois, une chanson anodine en apparence peut cacher bien des mystères et peut signifier bien plus qu'on ne se l'imagine. 

Cela dit, même si un enfant n'en saisit pas la portée, ni même moi lorsque celle-ci m'a été enseignée, doit-on pour autant faire perdurer certaines choses ?

Cet article commencé par un agréable souvenir d'enfance me paraît presque se terminer en apologie de l'esclavagisme ou du racisme en général... 

Loin de moi cette intention bien sûr et je préfère plutôt y voir une analyse sous un autre angle... le voyage d'une chanson à travers le temps et l'espace.

Hasard du calendrier... la visite du président Obama à Cuba au moment même de la parution de cet article... mais là encore, c'est un autre débat.

Petite parenthèse - anecdotes personnelles

 

J'ai connu il y a quelques années, une cubaine férue et prof. de musique... (aucun doute qu'ils ont ça dans le sang) qui nourrissait un projet fou et follement ambitieux professionnel qui relierait les îles du monde par la musique.

Au début de notre rencontre, j'étais incapable de la comprendre, à cause de son accent et aussi... tellement son débit était rapide... était-ce qu'elle avait tant de choses à dire ? 

Et si au début, je lui demandais de ralentir et la stoppais très souvent... au fil du temps, caméléon, j'ai appris... à parler aussi vite qu'elle... m'a-t-on fait remarquer par la suite !

Toujours est-il qu'elle m'a aidé en bien des points, et notamment en la compréhension de l'espagnol, prononcé différement et tellement rapidement, entre autres choses, car j'ai également découvert beaucoup de choses sur son cher pays et ses habitants, sur leurs us et coutumes, gastronomie, leurs croyances, la vie à Cuba et bien entendu, sur leur musique. Elle s'appelle Iraiza, chère à mon coeur.

Je dois également dire qu'ont contribué à ma compréhension de l'espagnol et de la culture " latina " en général, d'autres personnes, d'autres nationalités : Ecuateur, Chili, Brésil, Mexique, Pérou, Bolivie, ou Argentine... ces derniers ont d'ailleurs quelques particularités fort remarquables, ils remplacent le " y " par " ch " et on obtient le " pocho " pour pollo (poulet), la " placha " pour playa (plage) ou encore " cho " pour yo (moi).

Et parfois de latin, je trouve qu'ils n'ont pas grand chose... lorsqu'on se réfère à Rosa, rosa, rosam... si ce n'est le Dominus, domine... dominis... et dominati sunt.

Quelques autres versions

 

Version avec de belles images

Un peu plus de

Bola de Nieve

Mamá [a], la negrita,
se le salen lo pie’ e la cunita
y la negra Mesé
ya no sabe qué ‘asé.

Tú drume, negrita,
que yo va comprá’ nueva cunita
que va tené capité,
que va tené cahcabé.

Si tú drume, yo te traigo un mamey
muy colorao.
Y si no drumi, yo te trai’un babalao
que da paupau.

Tú drume, negrita
que yo va comprá ‘ nueva cunita
que va tené capité,
que va a tené cahcabé.

Bel hommage à Bola de Nieve en français

Sources

Atahulpa Yupanqui

Je remercie toutes mes diverses sources d'inspiration directes ou indirectes à l'origine de cet article... commencé en chantant cette chanson pour une fillette de 5 ans...

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